Fondation Gan pour le Cinéma : Entretien avec Hubert Charuel

par la rédaction

Hubert Charuel, Président de l'Aide à la Création de La Fondation Gan pour le Cinéma © I.Mathie

La Fondation Gan vous a décerné l’Aide à la Création pour votre premier film, Petit Paysan. Ce soutien a-t-il été déterminant dans votre parcours ? 

Oui ce soutien l’a été parce que c’est la première réponse positive de financement que nous avons obtenue. C’était mon premier long métrage, je vivais dans l’inquiétude que ce film reste à l’état de projet si nous ne trouvions pas de financement, donc avoir une validation, avoir un ensemble de professionnels qui vous dit « on y croit » a été déterminant. Je pouvais croire en l’existence de ce film.

Pourquoi avoir accepté d’accompagner la Fondation Gan pour le Cinéma dans sa mission de soutien à la jeune création ? 

J’avais envie d’accompagner la Fondation Gan pour les même raisons que ce que j’ai exposées ci-dessus. De pouvoir aider de jeunes auteurs à faire exister leurs films. Je suis  honoré du rôle qu’on me donne et je suis très heureux de partager la table de discussion avec tous les membres du jury (Sandra da Fonseca, Anne Delseth, Anne-Cécile Rolland et Mathieu Macheret). La Fondation nous place à la tête d’un système vertueux pour l’existence de la jeune création, je ne vois pas pourquoi j'aurais refusé. 

Pensez-vous qu’il soit simple dans le contexte économique et politique actuel de réaliser un premier film ? 

Je dirais que ça dépend du film que l’on veut faire et par qui l’on est produit. Mais pour la majorité des projets c’est très compliqué, faire un premier film est toujours compliqué et le contexte actuelle renforce la complexité. Les coupes budgétaires annoncées, les situations de monopoles, la menace d'un type de film voués à disparaître s’il prend trop position politiquement. Beaucoup d’acteurs du secteur indépendant manifeste leurs inquiétudes et elles sont légitimes. 

Pourquoi est-ce important de soutenir les films destinés à la salle de cinéma (versus plateformes ou format sériel) ?

Je n’ai pas envie de défendre la salle en opposition aux plateforme ou au format sérielle. Je peux reprocher à certaines plateformes un formatage dans la narration alors que selon moi le principe d’une plateforme, c’est justement un infini des possibles. Ce que je peux dire de la salle de cinéma, c’est que c'est une expérience sociale à vivre collectivement au même endroit, faire face à l’oeuvre sans distraction, c’est voyager en regardant devant soit, c’est être concentré. C’est aussi notre patrimoine culturel. Notre histoire. On est l’un des pays qui compte le plus grand nombre de salles de cinéma au monde, la salle de cinéma, c’est l’un des médiums les plus ludiques et les plus trans-générationnels pour la transmission de la culture.

THOMAS AIDAN